Mon ado a-t-il une addiction aux écrans ?
La règle 3-6-9-12, une vraie boussole (jusqu’à un certain âge)
Quand on cherche à se renseigner sur la manière de gérer les écrans avec ses enfants, on tombe assez rapidement sur l’outil de Serge Tisseron : la règle des 3-6-9-12.
- Pas d’écran avant trois ans.
- Pas d’outil numérique personnel avant six ans (l’enfant peut utiliser une tablette ou une console de jeux vidéo familiale si les parents lui autorisent, mais il ne doit en aucun cas être propriétaire de cet outil numérique car il devient alors très difficile d’en limiter la consommation).
- Pas d’Internet accompagné avant neuf ans : la découverte de l’Internet se fait accompagnée à partir de cet âge.
- Pas d’Internet seul avant 12 ans révolus. Ce qui signifie de ne pas offrir de Smartphone à un enfant avant 13 ans puisque posséder un Smartphone donne accès à Internet.
Et cet outil, franchement je le trouve génial, bien plus intéressant que les applications de contrôle parental. Il permet aux parents d’avoir des repères concrets sans qu’ils soient étouffant, chaque parent ayant la possibilité de l’adapter à son enfant, son contexte, sa manière d’aborder la question.
Sauf qu’il y a un hic, c’est qu’après 13 ans on peut avoir l’impression qu’il n’y a plus rien à faire, et que les parents n’ont plus de rôle à jouer
Après 12 ans, le grand flou
Une fois passé les 12 ans révolus, est-ce que les parents ont encore un rôle à jouer ?
Bien sûr, mais ce n’est pas le rôle le plus simple, ni le plus mis en avant dans les discussion.
En général on entend plutôt des conseils du type : il faut leur confisquer leur téléphone à chaque écart de conduite (même quand ça n’a rien à voir d’ailleurs). C’est la faute des écrans si ton ado ne travaille pas ou s’il te parle mal. Il faut absolument tout contrôler (le temps d’écran, les usages), on ne peut pas faire confiance aux jeunes pour rester en sécurité. Il doit être accro, les ados sont addictes aux écrans, il faut le désintoxiquer.
Du coup, en tant que parent, tu vas te demander : quel est la meilleure application de contrôle parental ? Comment sevrer mon ado des écrans ? quels sont les signes d’une addiction aux écrans.
Et je comprends ces recherches, parce qu’on nous dit qu’il faut plus de contrôle et d’intervention des parents. Sauf que sur le terrain on se rend vite compte que ça ne fonctionne pas, ou alors seulement en surface.
Une fois j’ai eu dans mon bureau un téléphone confisqué par un collègue. Au bout d’une semaine j’ai convoqué l’élève, j’étais étonnée qu’il ne soit pas venu le chercher plus rapidement. En fait il en avait un autre…
Une maman me racontait qu’elle confisquait les outils numériques de son fils, mais qu’il arrivait à les retrouver dans l’heure… quelque soit la cachette qu’elle essayait de trouver.
Et je ne compte plus le nombre de témoignage de parents qui expliquent que leur application de contrôle parental a été contournée…
Ce qu’on croit savoir sur les ados et les écrans
Avant de te parler du numériscope, mon outil pour la gestion des écrans avec ton ado, voici quelques infos vérifiées et qui pourraient te rassurer un peu sur tous ces discours qu’on entend.
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« Il faut interdire » / « le contrôle parental règle le problème »
Le problème de l’interdiction, c’est qu’on ne permet pas à l’ado d’expérimenter en sécurité ces univers virtuels. Pourtant c’est un espace qui fait partie de notre société, et il est essentiel que chaque citoyen puisse en connaitre suffisamment pour se protéger.
De la même manière, les applications de contrôle parental participent à cette interdiction, et en plus donnent parfois un faux sentiment de sécurité aux parents… Alors quand on me demande quel contrôle parental après 13 ans il faut choisir, je leur répond : le dialogue !
Au contraire du contrôle et de l’interdiction, le dialogue et l’apprentissage permettent de mettre en sureté les jeunes, et de leur faire prendre conscience des dangers tout en les responsabilisant.
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« Mon ado est accro »
C’est peut-être une des croyances les plus ancrées, pourtant les faits sont plus nuancés. L’OMS n’a officiellement reconnu qu’un seul trouble lié aux usages numériques, le trouble du jeu vidéo, entré en vigueur en 2022 dans sa classification internationale des maladies. Il suppose une perte de contrôle sur le jeu, une priorité qui prend le pas sur le reste de la vie, et ce sur au moins douze mois. Il n’existe donc pas, à ce jour, de reconnaissance médicale d’une addiction aux écrans au sens large. Je ne dis pas que ton ado n’est pas trop sur son tel, mais en soit ce n’est pas une addiction dans le sens médical du terme. Et je trouve cela important de faire la distinction, parce que si on se dit que son enfant est malade alors on va sans doute se confronter à une impasse de communication.
D’ailleurs, Niels Weber, dans Les écrans, je gère !, le dit autrement : quand on dit à un ado qu’il est accro, on provoque de la honte, il se met sur la défensive, et c’est tout le contraire du dialogue.
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« C’est dangereux » / « c’est pas la vraie vie »
Alors, loin de moi l’idée qu’il n’y a pas de danger sur internet et les réseaux sociaux. Par contre je crois qu’il est un peu too much de dire que les ados sont totalement inconscients de ces dangers et qu’ils font n’importe quoi.
Et même s’ils ont effectivement parfois des actes qui montrent une immaturité (par exemple une jeune fille que j’accompagnais et qui a envoyé des nudes à un garçon qu’elle connaissait à peine), je ne crois pas que c’est en interdisant ou en contrôlant tout qu’ils vont apprendre à se mettre en sécurité.
Quant au fait que ce n’est pas la vraie vie, par exemple les jeux vidéo, les mondes virtuels, les amis qu’ils n’ont jamais rencontrés. Je crois au contraire que c’est une réalité dans leur vie, c’est une part de leur vie, au même titre que l’univers d’un livre ou d’un film. Et ce n’est pas parce que c’est virtuel que ce qu’on y vit, et ce qu’on y ressent n’est pas vrai.
Le Numériscope, une autre façon de regarder
Et là, tu te dis peut-être : qu’est-ce qu’il faut faire alors ? Comment je l’accompagne mon ado ? Comment je m’assure qu’il n’est pas en train de passer à côté de sa vie ? Quel temps d’écran je lui accorde avant d’intervenir ?
Je vais te parler d’un outil que j’ai construit au fil de mes lectures, de mes rencontres et de mes expériences avec des ados : le numériscope
Cet outil, c’est une grille d’observation et d’analyse, pas un outil à plaquer, ça va demander un peu de réflexion et d’adaptation à ta situation.
Mais tu veux que je te dise ce que que ça va changer concrètement ?
Tu vas pouvoir être beaucoup plus dans le dialogue avec ton ado, parce que tu ne cherche pas une solution, mais plutôt une certaine compréhension. Tu va pouvoir échanger et construire les règles avec ton ado, avec plus de souplesse et de compréhension mutuelle.
Ton ado n’est probablement pas accro. Il a probablement besoin que tu comprennes ce qu’il cherche là-dedans.
Et si tu as besoin d’un coup de main pour faire cette analyse de ta situation, réserve un rendez-vous. 20 min pour échanger sur ta situation et te proposer une nouvelle lecture de celle-ci. En plus c’est gratuit !
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